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Eurosatory 2008

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L’évolution des engins blindés à roues

Pierre Touzin

Thursday, 19 June, 2008

L’évolution des engins blindés à roues

Si Eurosatory 2008 se démarque de tout autre Salon d’armement par l’importance du nombre de blindés à roues qui y est présenté, il illustre parfaitement cette année la place prise depuis peu par ces matériels sur le marché mondial. Elle s’est faite au détriment des engins blindés à chenilles qui, pourtant, avaient “décroché” le titre d’engin principal de combat. Il faut dire que les blindés à roues ont profité de plusieurs événements qui les favorisent.
Par exemple, l’apport de nouvelles technologies automobiles permet des transmissions et des suspensions plus résistantes et plus légères. De leurs côtés, les pneumatiques de nouvelle génération supportent des charges élevées. Le tout facilite la fabrication de blindés à roues de plus de 30 tonnes. Dans cette gamme, le Boxer 8x8 germano-hollandais qui est construit en série pour l’Allemagne et les Pays-Bas. Autre atout de ces produits, leur coût d’acquisition et de maintenance bien inférieur à celui des chenillés, un élément qui compte au moment où les budgets militaires européens diminuent. De plus, les Etats-Unis qui font généralement la mode, ne rejettent plus à priori l’utilisation de la roue, même si après leur expérience du 8x8 Stryker ils semblent redevenir des adeptes de la chenille pour leur FCS (Future Combat System).
Engin réservé communément à la reconnaissance et au transport de personnel sur routes et pistes, le blindé à roues a vu son domaine s’étendre, notamment à l’appui d’infanterie, au combat antichar et, timidement, à l’accompagnement des chars. A titre d’exemple, citons chez Nexter Systems le VBCI dont la production en série est en cours et l’AMX10RC rénové qui va être engagé en Afghanistan et, chez General Dynamics, le Stryker MCG à canon de 105 mm. D’autres domaines sont déjà acquis au blindé à roues, grâce à sa faculté d’adaptation et à la possibilité de l’équiper d’armes ou de systèmes divers.
A Eurosatory 2008, un grand nombre de modèles sont exposés, du plus sophistiqué au plus simple. Le haut de l’affiche est tenu par les 8x8. Il y a d’abord les trois finalistes du programme britannique FRES (Future Rapid Effect System) : le Boxer de Artec, le Piranha IV Evo de GDELCS (General Dynamics European Land Combat Systems, anciennement Mowag) et le VBCI de Nexter Systems. Ensuite, dans la même catégorie, viennent le Pandur II de GDELCS (ex-Steyr Daimler-Puch), l’AMV de Patria Vehicles Oy, et le SEP de BAE Systems/Hägglunds. Ils sont suivis d’une famille de blindés comprenant le plus souvent des versions 6x6, tels le Fuchs de Rheinmetall (outre une rénovation, elle s’agrandit avec le Fuchs 2), le tout récent GFF4 de KMW/Iveco, l’AMC (l’une des révélations du Salon) de Renault Trucks Défense, et les VAB NG valorisés du même constructeur français.
Il convient de mentionner encore le Survivor II de Achleitner (Autriche) et le nouvel Aravis de Nexter Systems (notre photo) fait sur la base d’un châssis Unimog. Quant à la classe des véhicules légers, elle est marquée par le VBL Panhard Général Défence
(France) et ses dérivés de plus en plus gros. Cet engin novateur a inspiré plusieurs autres constructeurs, dont Otokar (Turquie) avec son Cobra. Chez les industriels allemands, quatre programmes nationaux tiennent le haut du pavé, avec l’Enok II de Mercedes-Benz et, chez KMW, l’AMPV et le GP-F2T (Fennek F2). Un autre 4x4 attire le regard par ses formes inhabituelles.
C’est l’Xtream d’Hatehof (Israël). L’effet mode des MRAP (Mine-Resistant Ambush Protected Vehicle), ou assimilés, réalisés pour les opérations en Irak ou autres, est aussi représenté, avec le gigantesque Navistar d’International (Etats-Unis), le RG31 de BAE Systems, le Wildcat de l’Israélien IMI, et le MRAP de Renault Trucks Défense.
On peut citer aussi les véhicules de reconnaissance comme l’Eagle IV de GDELCS, le Sagaie NG de Panhard, ou encore l’APC de Carat Duchatelet. Il reste enfin des engins inhabituels comme le Piranha III poseur de pont de GDELCS et le Fuchs anti-émeutes de Rheinmetall. Tous deux sont des versions de “familles” bien connues, mais ils tranchent sur leurs congénères.

L’évolution des engins blindés à roues